2025
Solo exhibition
Salle Crosnier, Geneva
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clémen
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clémen
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Cléme
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Cléme
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clément
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Cléme
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clémen
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clémen
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clémen
Faux Jour,2025
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clément
Installation view,
solo show, Salle Crosnier, Geneva
Photo © Greg Clément
Échantillon de façade, 2025,
Sulpture, extruded aluminum tubes, tarpaulin,
variable dimensions
Fraction de vitesse, 2025,
Photography, inkjet print, aluminum frame,
30×40 cm
Sulpture, extruded aluminum tubes, tarpaulin,
variable dimensions
Fraction de vitesse, 2025,
Photography, inkjet print, aluminum frame,
30×40 cm
Another Lunch Break, 2025
Single-channel video, 30 min.
Untitled (Interruption), 2022–2025
Installation, 6 backlit frames, steel, plexiglass, programmed LED lights
90 × 150 × 7 cm each
Faux Jour, 2025
Installation, wood, lacquered aluminum, protective non-woven, sandbags
Variable dimensions
Échantillon de façade, 2025
Sculpture, extruded aluminum, tarpaulin
Variable dimensions
Fraction de vitesse, 2025
Inkjet print, aluminum frame
30 × 40 cm
« En fait, depuis l’enclos des origines, la notion de limite a subi des mutations qui concernent à la fois la façade et le vis-à-vis. De la palissade à l’écran, en passant par l’enceinte de pierre du rempart, la surface-limite n’a cessé d’enregistrer des transformations, perceptibles ou imperceptibles, dont la dernière est probablement celle de l’interface. Il convient donc d’aborder la question de l’accès à la Cité d’une manière nouvelle : l’agglomération métropolitaine possède-t-elle encore une façade ? À quel moment la ville nous fait-elle face ? L’expression populaire « aller en ville », qui a remplacé celle du siècle dernier « aller à la ville », traduit pour le moins une incertitude quant au face-à-face, au vis-à-vis (comme si nous n’étions plus jamais devant la ville mais toujours dedans). Si la métropole possède encore un emplacement, une position géographique, celle-ci ne se confond plus avec l’ancienne rupture ville/campagne, ni d’ailleurs avec l’opposition centre/périphérie. La localisation et l’axialité du dispositif urbain ont perdu depuis longtemps déjà leur évidence. Non seulement la banlieue a opéré la dissolution que l’on sait, mais l’opposition « intra-muros/extra-muros » s’est elle-même dissipée avec la révolution des transports et le développement des moyens de communication et de télécommunication, d’où cette nébuleuse conurbation des franges urbaines. De fait, on assiste à un phénomène paradoxal où l’opacité des matériaux de construction se réduit à rien. C’est l’émergence des structures portantes, le « mur-rideau » pour lequel la transparence et la légèreté de certaines matières (verre, plastifications diverses...) remplacent l’appareillage de pierres des façades, au moment même où le calque, le rhodoïd et le plexiglas succèdent, dans les projets d’études, à l’opacité du support papier. D’autre part, avec l’interface de l’écran (ordinateur, télévision, téléconférence...), ce qui était jusqu’alors privé d’épaisseur - la surface d’inscription - accède à l’existence comme « distance », profondeur de champ d’une représentation nouvelle, d’une visibilité sans face-à-face où disparaît et s’efface l’ancien vis-à-vis des rues et des avenues...
(...)
Désormais, nul ne peut plus s’estimer séparé par l’obstacle physique ou par de trop longues « distances de temps », avec l’inter-façade des moniteurs et des écrans de contrôle, ailleurs commence ici et vice-versa... Cette soudaine réversion des limites et des oppositions introduit, dans l’espace commun cette fois, ce qui était jusqu’à présent de l’ordre de la microscopie : le plein n’existe plus, à sa place, une étendue sans limite se dévoile dans une fausse perspective qu’éclaire l’émission lumineuse des appareils. Dès lors, l’espace bâti participe d’une topologie électronique où l’encadrement du point de vue et la trame de l’image numérique renouvellent le parcellaire urbain. À l’ancienne occultation privé/public, à la différenciation de l’habitation et de la circulation, succède une surexposition où cesse l’écart du « proche » et du « lointain », de la même façon que disparaît, dans le balayage électronique des microscopes, l’écart du « micro » et du « macro ». Si l’ouverture des portes de la ville close était naguère liée à l’alternance du jour et de la nuit, nous devons remarquer que, depuis que l’on n’ouvre plus seulement les volets mais aussi la télévision, le jour s’est modifié : au jour solaire de l’astronomie, au jour douteux de la lueur des bougies, à la lumière électrique, s’ajoute maintenant un faux-jour électronique dont le calendrier est uniquement celui des commutations d’informations sans aucun rapport avec le temps réel. Au temps qui passe de la chronologie et de l’histoire succède ainsi un temps qui s’expose instantanément. »
— L’espace critique, Paul Virilio, 1984
(Extraits)
(...)
Désormais, nul ne peut plus s’estimer séparé par l’obstacle physique ou par de trop longues « distances de temps », avec l’inter-façade des moniteurs et des écrans de contrôle, ailleurs commence ici et vice-versa... Cette soudaine réversion des limites et des oppositions introduit, dans l’espace commun cette fois, ce qui était jusqu’à présent de l’ordre de la microscopie : le plein n’existe plus, à sa place, une étendue sans limite se dévoile dans une fausse perspective qu’éclaire l’émission lumineuse des appareils. Dès lors, l’espace bâti participe d’une topologie électronique où l’encadrement du point de vue et la trame de l’image numérique renouvellent le parcellaire urbain. À l’ancienne occultation privé/public, à la différenciation de l’habitation et de la circulation, succède une surexposition où cesse l’écart du « proche » et du « lointain », de la même façon que disparaît, dans le balayage électronique des microscopes, l’écart du « micro » et du « macro ». Si l’ouverture des portes de la ville close était naguère liée à l’alternance du jour et de la nuit, nous devons remarquer que, depuis que l’on n’ouvre plus seulement les volets mais aussi la télévision, le jour s’est modifié : au jour solaire de l’astronomie, au jour douteux de la lueur des bougies, à la lumière électrique, s’ajoute maintenant un faux-jour électronique dont le calendrier est uniquement celui des commutations d’informations sans aucun rapport avec le temps réel. Au temps qui passe de la chronologie et de l’histoire succède ainsi un temps qui s’expose instantanément. »
— L’espace critique, Paul Virilio, 1984
(Extraits)