2023
Solo exhibition
WallStreet, Fribourg
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photo ©Julie Folly
Recursive Places, 2024
Installation view,
Wallstreet, Fribourg
Photos ©Julie Folly
Yul Tomatala
Untitled Stability, 2023
Installation
Grey recycled cardboard, steel cables, concrete slabs
Variable dimensions
Yul Tomatala
Because I Know That Time Is Always Time and Place Is Always and Only Place, 2023
Single-channel video
07'20"
Yul Tomatala
The Choice in Satellite Television, 2023
Installation
Readymade iluminated sign, grey recycled cardboard
Variable dimensions
Yul Tomatala
[IS_E2.0033.1] Dans l’exigence de la vitesse d’un geste technique, 2023
[IS_E2.0033.2] Dans l’exigence de la vitesse d’un geste technique, 2023
Photography
Digital pigment print on Rag Mat 308 gsm.
Mounted in a 30 × 40 cm frame
Digital pigment print on Rag Mat 308 gsm.
Mounted in a 30 × 40 cm frame
Chaise de bureau, 1h45.
Les lignes qui m’entourent se forment et se déforment tout en construisant le sommet des vérités.
Une fois bien observés, les plans récoltés se figent dans le temps. Regardés, archivés, rangés,
assimilés. Et ce sentiment qui persiste, qu'ici, rien n’est droit.
Alors je passe ma main sur ma tête et je souligne du bout des doigts mon crâne cabossé, celui
qui tendrement embrasse la surface rugueuse des souvenirs. Je deviens chose, mirage ou ruine;
tout dépend des fragments d’espace qu’il me reste à disposition. Mais un toucher qui ne trace pas
sans rompre est rare. Sur les photographies où se juxtaposent d’autres objets de mémoire, la teinte
maussade que revêtirent les personnages attire mon attention, qui trop vite est déviée sur une note
que je ne comprends pas: n’est-ce pas la pire claustration que d’être surexposé, sans lieu?
Je sors, et ce soir mon errance est d’autant plus agréable que je la fais avec une cigarette à la main.
Après avoir passé de longues heures assis, je regarde ma montre, puis l’immeuble: depuis combien
de temps la façade n’a-t-elle pas été lavée? Je n’ai pas faim. Mais je devrai manger puisque mon
estomac se crispe comme si, depuis peu obligé de se serrer, il avait tout à coup besoin d’engloutir un
raz de marée. La mer, elle attire les chagrins dont les larmes auront noyé les dernières complaintes…
Puis, rien ne reste, rien ne flotte, rien ne vit. Elle avale, elle détruit et force l’oublie sous ses airs
redevenus calmes. Mais nous n’oublions jamais vraiment. Après la destruction des choses, sur ces
ruines-là, les cendres de ma cigarette tombent et dans une danse lente et habile, traversent l’air.
Irréel — mais vrai.
Ou est-ce vrai, mais sans rapport?
Mes réponses resteront poreuses pour que cette surface devienne un lieu de négociation. Je cherche
à me libérer de ces peaux de venin qui font que mon corps se fatigue tant de devoir entendre raison.
Écoutes, écoutes… Non. Ici non plus, ce n’est pas droit.
Face à l’écran,
l'ordre des lobélies
— qui avertit, qui désobéit, qui se tarit —
chante.
Et son pollen, disséminé par le vent, est ramassé ici,
mais piétiné —
là-bas.
Là où l’illusion du miroir et la menace de la mort priment: est-ce qu’on aime toujours autant faire
l’amour ou est-ce une performance collective du plaisir? Épectase ou empoisonnement?
5h13, une porte qui claque.
Sursaut d’une tension.
À l’aube, la dorsale urbaine commence son crépuscule. Le décor change et les lignes qui m’entourent
sont maintenant courbées, comme pliées par le temps. Des personnes en uniformes s’installent près
d’une nacelle, leurs visages sérieux —
— sans gravité.
Je ne supporte pas toujours bien les larmes qu’il faut verser, pourtant ce matin, elles montent. Un
peu brusquement, je secoue la tête et laisse derrière moi des souvenirs flottants qui, eux aussi, iront
trouver une autre surface où s’accrocher.
– Vanessa Cimorelli*
*Text by the author accompanying the exhibition